Dopages sportifs, une nécessité malgré eux? Partie 1

L’humain veut toujours être meilleur, plus vite et plus fort. La quête de médaille(s) et son environnement peuvent le forcer à se doper. Est-ce vraiment la finalité souhaitée? Est-ce vraiment ce que le Québec veut de ses athlètes?

Gestion Santé K5S

La semaine dernière, nos réseaux sociaux foisonnaient de messages sur le dopage sportif. Malheureusement, c’est une réalité qui est très présente dans le sport professionnel.

Nous n’avons pas pu rester insensibles face au sujet qui est trop peu abordé et très tabou. Le dépassement de soi et la performance sportive on connait ça! Mais à quel prix?

Dans cet article, nous aborderons le sujet sous forme de question-réponse avec un style plus neutre et analytique de la situation. Nous en avons long à dire sur ce sujet donc la semaine prochaine suivra la deuxième partie.

Débutons avec un peu d’histoire!

Quelle est l’histoire du problème du dopage?

De façon générale, le dopage généralisé aurait débuté dans les années 60 avec les sympathicomimétiques et hormone de croissance/corticostéroïde. Ensuite, il se serait amplifié dans les années 80 avec l’arrivée de nouveaux anabolisants et l’EPO. Plusieurs dopages d’états ont été constatés. Durant les années 70, l’Allemagne de l’Ouest (RDA) a établi un vaste programme de dopage sportif et déclarant pour leur défense qu’il s’agissait d’une recherche sur le dopage à la demande du gouvernement de l’époque.  Ensuite, dans les années 80, les États-Unis ont blanchi des échantillons contrôlés positifs chez des médaillées olympiques.  Dans les années 90, la Chine a aussi été tentée par un dopage d’envergure avec une trentaine de nageurs contrôlés positifs suite à des résultats surprenants lors d’une compétition internationale. Plus d’actualité maintenant, on a vu la Russie lors de ses jeux olympiques à Sotchi en 2014 mettre en place un système d’échange, d’escamotage et de manipulation frauduleuse d’échantillons positifs et de données. Cet historique illustre bien le désir pour les pays d’en faire plus pour bien paraître sur la scène internationale. Ceci dit, le cyclisme et l’athlétisme ont fait couler beaucoup d’encre pour les histoires de plusieurs cas de dopage.

Un des cas les plus médiatisés fut celui du Canadien Ben Johnson. Il fut reconnu coupable de dopage après avoir remporté les Jeux olympiques en 1988 à Séoul au 100 mètres avec un nouveau record du monde. En 2004, un immense scandale affectant l’athlétisme fait face aux États-Unis en lien avec le laboratoire Balco. Ou son fondateur Victor Conte, accuse des gros noms dans le monde du sprint dont Marion Jones cinq fois médaillées, Tim Montgomery ancien recordman au 100 mètres et Kelli White ancienne championne mondiale.

On constate un fléau dans toutes les disciplines sportives et depuis le 21e siècle nous pouvons confirmer qu’il s’agit d’un enjeu mondial par son atteinte au niveau de l’environnement social et économique, de l’état ainsi que de l’éthique.

Est-il moral de se doper pour gagner ou pour simplement améliorer ses chances de médailles?

« Tout le monde le fait, je dois le faire pour avoir une chance de l’emporter »

La problématique éthique derrière le sujet est relativement compliquée. En effet, l’individu, une fois à l’âge adulte, a un droit totalitaire sur son corps. L’utilisation des substances anabolisantes est alors légitime, au même titre que la modification chirurgicale ou la consommation d’alcool. Cependant, puisque l’utilisation des anabolisants est justifiée par l’amélioration des performances sportives et que la fédération proscrit leur utilisation, l’individu se retrouve dans une situation conflictuelle. Le concept peut être analogue à la consommation de drogue : leur achat sur le marché noir est proscrit, mais leur consommation peut être légitimée.

Il est intéressant de pousser le raisonnement jusqu’aux modifications du génome chez les embryons. Il est désormais possible de modifier le génome humain afin d’améliorer certaines composantes de notre bagage génétique. Les parents doivent alors prendre une décision. Ce concept rejoint les nombreux débats éthiques au sujet de la considération de l’embryon comme un être vivant ou non. Dans certaines cultures, l’avortement est considéré comme un meurtre et les parents peuvent être sévèrement punis. Bien évidemment, la modification du génome n’a pas comme finalité la mort de l’embryon, mais bien l’amélioration de ses habiletés. L’inhibition de la myostatine est un exemple réel de ce type de pratiques. La myostatine régule la masse musculaire de l’individu. Elle permet de limiter le gain de masse musculaire (favorise le catabolisme musculaire) afin de conserver la puissance musculaire proportionnelle au contrôle des autres structures dites passives (tendons, ligaments et os). Son inhibition permet de favoriser l’anabolisme musculaire, c.-à-d. le développement de la masse musculaire dans son ensemble. Certains nouveau-nés ayant cette anomalie génétique furent mis au monde en ayant dès hors et déjà une définition musculaire apparente au niveau des gastrocnémiens et des quadriceps. Avec le temps, ces individus deviennent anormalement musclés et meurent dans la vingtaine. Deux causes expliquent en partie cette mortalité précoce;

Dans un premier temps, les structures passives de l’individu ne peuvent suivre la courbe de croissance de la masse musculaire. Conséquemment, la force induite par les muscles sur lesdites structures provoque une dégénérescence chronique des ligaments et des tendons et même, des fractures osseuses.

Dans un deuxième temps, il est nécessaire de rappeler que le myocarde est également un muscle, au même titre que le biceps, par exemple. Conséquemment, l’anabolisme musculaire chronique provoqué par l’action de la myostatine induira une hypertrophie programmée du cœur. Avec le temps, l’épaississement des parois de ce dernier provoquera des malfonctions au niveau de l’influx nerveux et de sa contraction. L’individu décède habituellement de ces complications.

Est-il éthique de modifier le génome d’un embryon sous la prémisse qu’il sera, pendant une courte période de temps, en mesure de faire des prodiges athlétiques? Hypothéquer la vie adulte d’un futur citoyen : est-ce éthiquement acceptable?

D’un point de vue de détection, il est évident que visuellement parlant, les individus ayant subi des modifications au niveau de la myostatine sont facilement reconnaissables. Mais qu’en est-il avec les modifications influençant plus précisément la physiologie (comme la capacité respiratoire et aérobie). Ces types d’améliorations génétiques sont plus difficiles à détecter. Un athlète naturel pourrait fort probablement compétitionner contre un autre athlète génétiquement modifié sans posséder la preuve formelle qu’il était voué à perdre avant même de commencer. Est-ce juste? La compétition au niveau professionnel est avant tout une question génétique. Tout un chacun avons  une individualité génétique favorisant certaines habiletés et nous freinant dans d’autres déterminants de la performance. N’est-ce pas la base et la beauté du sport? Pourquoi certains jeunes sont si performants lors de la course du 100 mètres et finissent bons derniers lors du 1,500 mètres? Devrions-nous accuser chaque athlète au sommet de son art de mauvais esprit sportif puisqu’il a su choisir le sport qui lui permet de mieux exprimer ses avantages génétiques? Avec cette mentalité, les individus provenant de l’Afrique subsaharienne devraient tous être bannis du 100 mètres sprint et les Norvégiens du ski de fond. Il convient alors de délimiter ce qui est acceptable, et ce qui ne l’est pas en termes de dopage sportif. La problématique est que justement cette délimitation, pour les raisons énumérées ci-haut, est ambiguë. De plus, les méthodes de détections sont désuètes comparativement aux produits dopants; il est de plus en plus difficile pour les fédérations de détecter si un athlète est positif ou non.

Ce sujet est selon nous très délicat.  Le monde la performance n’a pas fini de nous impressionner avec de nouveaux records. Les questions morales demeureront même face à l’émerveillement artificiel de certaines performances sportives.

Pour la suite de cet article, nous présenterons l’avenir de cette problématique et quelques solutions.

Bougez bien, bougez mieux, bougez intelligemment

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